Je tiens à saluer le travail du Directeur financier et de son équipe pour la réalisation du budget mais également des mandataires impliqués, ce n’est pas un exercice évident. Sur la forme, c’est bien réalisé.

Toutefois, il a un certain nombre de choix que je ne partage pas. Politiquement, il y a aussi un manque d’impulsions dans un certain nombre de domaines et notamment :

1) Un manque d’investissements dans les économies d’énergie ou dans le recours aux énergies renouvelable.

Sur un budget de 2.924.000 euros d’investissements, un montant trop faible est consacré aux économies d’énergie. Les économies d’énergie devraient être une préoccupation constante et omniprésente dans le budget, ce n’est pas le cas.

2) Une absence totale d’investissements dans des politiques de promotion de la ville. En effet, il y a un manque de soutien du Collège pour des actions qui permettraient de renforcer l’image de notre ville, de nos entreprises, de nos artistes, des richesses de notre patrimoine.

Il faut placer Philippeville sur la carte de la Wallonie au niveau économique, culturel et touristique. Le budget de la propagande touristique est trop faible (1.000 euros), celui du PCDN également (3.500 euros).

Pourtant avec de petits moyens supplémentaires, nous pourrions aller plus loin dans un certain nombre de domaines. Par exemple, cela fait plusieurs années qu’il existe un projet pour baliser des dizaines de Km de sentiers et cela ne se concrétise pas.

Par ailleurs, l’investissement dans des politiques touristiques induirait des retombées économiques pour la ville. Philippeville est pourtant située dans une région à fort potentiel de développement touristique, c’est la porte d’entrée de l’Entre-Sambre-et-Meuse. Nous sommes à deux pas du « Parc Naturel Viroin Hermeton », des « Lacs de l’Eau d’Heure » et de la « Forêt du Pays de Chimay », il a un réel enjeu économique.

3) Un manque de soutien à des acteurs clefs de la ville.

Nous avons la chance d’avoir un tissu social et associatif actif, il faut le renforcer.

Le Foyer Culturel dispose d’un bel outil avec la salle des Halles. Par contre, alors que le bâtiment a couté plus de 3.500.000 euros, il manque des budgets pour permettre d’exploiter correctement la salle. Notamment en ce qui concerne du matériel pour l’éclairage et la sonorisation mais aussi l’aménagement du bar au rez-de-chaussée.
Le Syndicat d’initiative est très dynamique mais manque de moyens. Par exemple, un budget de 500 euros permettrait d’inscrire les souterrains de Philippeville sur la carte du guide des attractions touristiques et musées de Belgique. Etre présent sur cette carte serait un premier pas pour renforcer l’attractivité touristique de la ville.

Pour pouvoir mener à bien ces politiques, des moyens supplémentaires pourraient être dégagés par des mesures d’économies dans certains domaines. Par exemple, j’ai relevé que la commune dépense chaque année plus de 86.600 euros en frais de téléphonie, cela me parait élevé. Existe-t-il un cadastre des lignes ? A quand remonte le dernier appel d’offres pour comparer les prix des opérateurs réseau ? J’estime les économies potentielles à +- 20% de ce poste budgétaire (= +- 17.000 euros).
Cette simple mesure d’économie permettrait de dégager des moyens pour des politiques nouvelles.

Pour conclure, j’aurais aimé un budget qui permette également de faire avancer le PCDN, de concrétiser le projet des sentiers balisés, de réaliser des aménagements touristiques et de soutenir plus fortement les associations et les petites entreprises.

Enfin, nous aurions également pu introduire un poste pour un « Budget participatif ». Des villes comme Thuin, Mons ou Porto Alegre ont eu recours à cette initiative. La budgétisation participative renforce l’exercice d’une citoyenneté active et permet de faire émerger des projets qui collent aux besoins réels de la population. Un budget participatif, même modeste, pourrait être vecteur de changement et d’innovation.
Sautour, le 18 décembre 2014

Vincent LAUREYS

Conseiller communal écologiste

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